L’annonce d’un cancer peut souvent provoquer un moment de sidération.
Pour certaines personnes, elle marque une rupture brutale dans le cours de leur existence. Avant cette annonce, il y avait un « avant », puis après, un « après ».
Sur le plan psychologique, cette annonce peut être vécu comme un véritable choc traumatique. Il ne s’agit pas d’une réaction extrême ou de faiblesse, mais d’un mécanisme de défense normal face à une menace perçue.
Qu’est ce qu’un choc traumatique ?
Un choc traumatique survient lorsque la personne est confrontée à un événement :
- perçu comme menaçante pour son intégrité physique ou psychique,
- imprévisible,
- incontrôlable,
- et pour lequel les ressources psychiques sont dépassées.
L’annonce d’un cancer coche couvent l’ensemble de ces critères.
Le cerveau n’a pas le temps de traiter l’information progressivement. Il entre alors dans un mode de survie, mobilisant des mécanismes automatiques de protection.
Pourquoi l’annonce d’un cancer peut elle être traumatisante ?
Une confrontation directe à la menace de la mort
Même lorsque le pronostic est favorable, le mot « cancer » reste associé à la mort, à la souffrance, à la perte de contrôle de son corps.
Le cerveau ne peut pas se raisonner lorsque la charge émotionnelle est si grande.
Une rupture de sentiment de sécurité
Initialement, le corps est considéré comme un allié. Après cette conclusion médicale, la rupture peut être brutale. Il peut alors devenir source de médiance.
Cette rupture peut entraîner :
- une hypervigilance corporelle,
- une anxiété permanente,
- une perte du sentiment de continuité de soi.
Dissociation traumatique
Suite à l’annonce d’un cancer, de nombreuses personnes peuvent décrire une impression d’irréalité, une difficulté à se souvenir précisément d’une partie d’un événement, une sensation de brouillard ou encore un fonctionnement en pilote automatique.
Ces réactions relèvent de mécanismes dissociatifs fréquents dans les vécus traumatiques.
Accumulation de micro-traumatismes
Au délà de l’annonce elle-même, le parcours de soins peut renforcer l’impact traumatique :
- examens invasifs ou infructueux,
- hospitalisations,
- traitements lourds,
Le traumatisme peut d’inscrire dans la durée, et ne se limite pas à un instant.
Quels signes psychotraumatiques peuvent apparaître après l’annonce d’un cancer ?
Certaines manifestations sont fréquemment observées :
- une anxiété intense ou une anxiété anticipatoire,
- troubles du sommeil,
- ruminations envahissantes,
- crises d’angoisse,
- symptômes dépressifs,
- dépressions rréactionnelles
- dissocation,
- comportements d’évitement,
- reviviscences.
Ces réactions traduisent souvent un mal-être profond et une tentative du psychisme de s’adapter à une expérience vécue comme dangereuse.
Pourquoi un accompagnement thérapeutique peut être nécessaire ?
Lorsque le choc traumatique n’est pas aaccompagn, il peut évoluer vers :
- un état de stress post-traumatique,
- une anxiété chronique,
- une dépression réactionnelle,
Un accompagnement thérapeutique peut vous permettre de remettre du sens de ce parcours médical, de travailler sur les mécanismes de défense du cerveau, de restaurer un sentiment de sécurité interne et d’aider la personne à se réapproprier son corps et son histoire.
Si vous ou un proche vous reconnaissez dans ces lignes, il est possible de demander de l’aide ici.
